Pratique du chant: recherche, technique et improvisation.

On va pas plus vite que la musique

 

Chanter juste, quelle histoire !

 

D’abord, il y a la grande majorité des personnes qui viennent vous voir en s’excusant de vouloir chanter car elles chantent faux. Et il y a ceux plus rares, persuadés qu’ils chantent juste.

Dans les 2 cas : c’est parce-qu’on leur a dit.

 

Ce qui est rigolo, c’est cette conviction présentée comme définitive, alors qu’ils ignorent ce que c’est que chanter juste, donc ils ignorent ce que c’est de chanter faux.

 

Je veux aussi noter au passage quelque glissement sémantique qui crée des « malentendus » (tiens, tiens… « mal » « entendu ») :

 

Dans le contexte musical, on oppose faux à juste, dans le contexte moral, faux s’oppose à vrai.

 

Pour l’estime de soi, on voit bien la nécessité de ce distinguo.

 

Pour un chant bien en place, tous les professeurs de chant vous le diront : une personne vulnérable car en apprentissage entendra et chantera parfaitement juste dans le cadre qui la sécurise et chantera terriblement faux dans un contexte anxiogène ( la bienveillance du technicien son est toujours proportionnelle à sa compétence, et c'est un partenaire essentiel du live).

 

Il va falloir, pour chanter juste, s’intéresser donc à ce qu’est ce "juste", et le dissocier de cette douloureuse idée d’imposture que la phrase « tu chantes faux » installe dans la tête de tant de personnes.

 

Puisé dans le Littré :

"Son juste, son conforme aux règles de la musique, de notre gamme, de notre tonalité."

Ici la justesse nous parle d’échelle, de tonalité, de diapason.

 

"Leur oreille est si juste que, dans leurs danses, la mesure d'une chanson les fait sauter et retomber cent à la fois, frappant la terre d'un seul coup, Raynal, Hist. phil. XI, 23."

Ici la justesse nous parle de rythme.

 

Dans tous les cas, il y a une idée d’harmonie, et de place.

 

Dans tous les cas, la justesse musicale est conforme à une règle qui sort l’individu de lui-même pour rejoindre un système de convention qui le dépasse et lui permet ainsi d’être relié au collectif.

 

Notons par ailleurs qu’on peut dire quelque chose de faux en chantant très juste, et quelque chose de juste en chantant très faux.

 

Tout est question de contexte, et tout se travaille.

 

 

Carole SIMON-TOCAH 

 Training et formation en cours individuels des chanteurs pros ou semi-pros,

orientation jazz et musiques improvisées.

 


 

 

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